CONTRE LE THATCHER FRANçAIS, "There Is No Alternative" : SE RASSEMBLER ET AGIR !

La journée du 22 mars 2018 aura peut-être (restons prudents !) marqué le début d’un tournant dans la lutte sociale. D’abord parce qu’elle aura rassemblé dans la rue et/ou la grève les fonctionnaires, les hospitalier-es, les cheminot-es, les EHPAD, des salarié-es du privé et des usager-es des différents services publics. Et nombre d’étudiant-es dans beaucoup de villes. Et ceci à l’appel de la plupart des syndicats, dans une relative unité qu’il faut saluer.
Une journée qui aura des suites
Un sondage BFM-Elabe montre que 74% des sondé-es estiment que le gouvernement mène une politique "injuste", et 77% qu’il "ne rassemble pas" les Français-es. L’effet Macron "président des riches" est donc profond.
Le ministère de l’intérieur estime quant à lui que les cortèges de manifestant-es ont été 50% plus fournis que le 10 octobre 2017. Cette grande mobilisation traduit une forte détermination dans tous les secteurs concernés par la néo-libéralisation sauce Macron.
Les cortèges étudiants furent souvent importants (Le Havre, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nîmes, Poitiers…). Et la répression en cours (par les forces "de l’ordre" et leurs supplétifs d’extrême-droite comme à Montpellier) n’entamera pas la détermination des grévistes, bien au contraire !
Des organisations syndicales (CGT, SUD) ont d’ores et déjà appelé à des suites. Les cheminot-es ont fixé leur calendrier. Des appels à la grève ont vu le jour aux finances, à Air France, chez les éboueurs...

Ne laissons pas Macron être le Thatcher français !
L’unité syndicale est un facteur indispensable à la mobilisation et correspond à une attente très forte. Elle est aujourd’hui particulièrement forte chez les cheminot-es dont l’intersyndicale a proposé une plate-forme commune ("C’est quoi ce travail ?") face au projet du gouvernement.
Et l’on sent bien monter de partout la nécessité de construire un rapport de force. Partout, les militant-es et citoyen-nes mobilisé-es veulent construire l’unité d’action pour faire reculer Macron et sa clique.
Les syndicats sont conscients que la bataille de l’opinion publique sera décisive. D’autant plus que la contre-offensive du gouvernement aura lieu, elle aussi ! Macron veut gagner cette confrontation pour poursuivre son offensive tous azimuts contre tous les droits sociaux, tous les statuts, toutes les conquêtes sociales acquises de haute lutte.

L’Unité est aussi une nécessité pour la gauche anti-libérale !
L’action unie des forces de gauche anti-libérales peut créer un environnement politique favorable. L’accord sur une déclaration commune signée par 12 organisations devra encore se consolider, dépasser la simple addition des sigles, s’enraciner sur tout le territoire, sous les formes (entre autres) d’assemblées citoyennes, de mobilisation des usager-es, de meetings.
Ensemble! propose aux forces de la gauche antilibérale de se rassembler et d’agir : organisons partout des assemblées de débats et d’action, réunissant grévistes, usager-es et plus largement toutes les victimes de la politique macronienne : TOUS ET TOUTES ENSEMBLE !

SOIREE-DEBAT : UN MONDE SANS FRONTIERES ET SOLIDAIRE EST POSSIBLE ! ...

• Face aux politiques migratoires de plus en plus fermées en France et en Europe,
• Alors que les réseaux de solidarité, à Lyon comme ailleurs, sont sur la brèche en permanence aux côtés des migrant.es et réfugié.es,
• Alors que les conditions d’accueil sont de plus en plus difficiles,
• Alors que les discours xénophobes gagnent du terrain,
• Alors que les fantasmes sur "l'appel d'air" sont propagés par les argumentaires officiels,

ENSEMBLE! 69 PROPOSE UNE SOIREE POUR PRENDRE DU RECUL ET REFLECHIR ENSEMBLE :

UN MONDE SANS FRONTIERES ET SOLIDAIRE EST POSSIBLE ! ...
• avec une autre politique européenne d'accueil de tous les migrant.es (pas de tri)
• avec la construction d'autres relations entre les peuples, pour la paix, pour le climat, etc
• avec la construction d'une alternative globale au néo-libéralisme

intervenants :
• Gus MASSIAH, militant altermondialiste, membre du Conseil scientifique d’ATTAC et du Conseil international du Forum Social Mondial
• Jean-François PELLISSIER, co-porte parole national d’ENSEMBLE!

Mercredi 14 février
19 h
 Maison des Passages, 44 rue Saint Georges, Lyon 5°
 (métro Vieux Lyon)

un communiqué des élu-es LCS du 1er arrondissement de Lyon : Sauvons les emplois aidés !

A l’heure où les formes traditionnelles de l’emploi, du salariat, de la solidarité nationale sont bouleversées, le devoir des responsables politiques est d’encourager les pistes d’avenir tout en garantissant aux individus épanouissement, protection et perspectives d’émancipation.
Nous voulons une société qui accepte et encourage les activités non lucratives, au service de l’intérêt général, qui contribuent à « faire société » : les métiers de l’économie sociale et solidaire, de la transition écologique, de la culture, de l’action sociale, de la santé, de l’aide aux personnes âgées, de l’encadrement éducatif et périscolaire, de l’accès au sport, etc.
Ces pans importants de notre économie sont de plus en plus plébiscités par les habitant.e.s, soucieux de la préservation de la planète, de la prise en compte de l’Autre, et du sens donné au parcours d’une vie.
Les « emplois aidés » sont, de fait, un outil essentiel à la réalisation de ces activités. Ils améliorent immédiatement les conditions de vie de leurs bénéficiaires : en leur distribuant du pouvoir d’achat et des droits sociaux, en leur permettant d’acquérir des savoirs-faire professionnels, en leur proposant une voie d’entrée et de formation à certains métiers, en leur redonnant un sentiment d’utilité et d’appartenance à la société, en brisant momentanément le cercle vicieux du chômage et de l’exclusion.
Ils ont aussi un impact positif incontestable pour les structures accueillantes (équipes étoffées et proposition d’activités supplémentaires).
De nombreux acteurs du 1er utilisent ce dispositif, acteurs déjà durement éprouvé par la sortie de notre territoire du périmètre « politique de la ville » et l’arrêt des contrats CUCS en 2016. La fin des « emplois aidés » condamnerait plusieurs d’entre eux, asséchant durablement notre fragile écosystème, aux dépens de l’offre éducative, sociale, culturelle, sportive, etc, de notre arrondissement.

Envisager la disparition pure et simple des « emplois aidés », et donc la catastrophique destruction de ces secteurs, est un non-sens total. Appliquée en l’état, la mesure serait le plus grand plan social de ces dernières années à l’échelle du pays.
Les élu.e.s du 1er arrondissement appellent le gouvernement à prendre conscience de son erreur et à revenir sur sa décision, tout en étudiant une solution de remplacement pérenne à ces statuts précaires au bénéfice de tous.
Quelques chiffres :
Dans le 1er arrondissement, sur un échantillon représentatif de 10 associations du champ de l’économie sociale et solidaire et de la culture, 16 postes indispensables au fonctionnement de leur structure sont en péril.
• 76% des structures interrogées par le SYNAVI (Syndicat National des Arts Vivants) indiquent que leur projet est mis en péril par la disparition des contrats aidés
• 74 % des bénéficiaires de contrat aidé considère que le dispositif leur a permis de se sentir utile et de reprendre confiance (source : DGEFP)
• 79 % des contrats aidés ont bénéficié à des jeunes peu ou pas diplômés
• 2,4 milliards d’euros : la facture globale des contrats aidés en 2017 s’élève à 2,4 milliards d’euros (source : DGEFP)
• 22,7 milliards d’euros : le coût du CICE pour les finances publiques en 2017 (source: DGEFP)
Lyon, le 15 septembre 2017
Les élu.e.s Lyon Citoyenne et Solidaire du 1er arrondissement de Lyon

C'est tous ensemble qu'il faut y aller !

La « guerre de classe » est lancée ! Evidemment, ce n’est qu’un jeu de mot car nous savons bien qu’elle n’a jamais cessé ! Mais enfin, nous assistons aujourd’hui à une offensive sans précédent de l’ultra libéralisme, menée tambour battant par le jupitérien Macron. Pas un jour sans l’annonce d’une nouvelle attaque contre les acquis du mouvement social depuis des décennies ! Destruction du code travail, diminution des APL, allègement de l’ISF dont les actionnaires seront dorénavant exemptés, la liste n’est pas limitative… Cela s’appuie sur l’utilisation des mesures les plus antidémocratiques (ordonnances) permises par la Constitution. Des député-e-s, dans un Parlement élu par moins de 50 % des électeurs (et encore : beaucoup ont voté contre Le Pen et non pour Macron !), ne peuvent pas s’octroyer le droit anti-démocratique de changer, pour plaire à Jupiter, les conditions de vie quotidienne pour la quasi-totalité de la population.

Ces attaques constituent le cœur du projet macronien d’une Europe ultra libérale économiquement. Cela nécessite la mise à bas des conquêtes ouvrières depuis des sizaines d'années de lutte (1936 et le Front Populaire, 1945 et le Programme du Conseil National de la Résistance…) et la mise au pas des syndicats ouvriers. La décision emblématique de cette offensive souhaitée et soutenue par le MEDEF est la « réforme » (en novlangue macronienne, ce mot signifie « destruction ») du code du travail.
Concrètement, que trouve-t-on dans ces ordonnances ? C’est assez simple : une suite favorable donnée à presque toutes les vieilles revendications du MEDEF, remettant en cause les grandes conquêtes sociales qui structurent aujourd’hui le droit du travail français :
- La facilitation des licenciements (car il faudra quand même qu’on nous explique en quoi faciliter les licenciements fera reculer le chômage !).
- Le bouleversement de la « hiérarchie des normes », au profit de la déréglementation. C’est-à-dire la primauté de l’individuel sur le collectif, les patrons ayant compris depuis longtemps que l’union des travailleurs faisait leur force ! On ne discutera donc plus par branche, mais par entreprise (là où le travailleur, notamment dans les PME, est le plus isolé face à son patron !)
- L’affaiblissement du rôle des syndicats et des institutions représentatives du personnel

Le gouvernement, bien relayé par la plupart des médias, joue de la confusion et de la complexité entretenue de ses « réformes » : une campagne d’explications pratiques s’impose pour élargir et consolider le rejet qui s’exprime parmi nous, "ignares et fainéants" que nous sommes. C’est à l’heure présente une des tâches à laquelle il faut nous atteler !
Face à cette offensive, la résistance (déjà amorcée contre la loi El Khomri sous le gouvernement Valls) se met en place. Les 12 et 21 septembre, à l’appel notamment de la CGT et de Solidaires (et de nombreuses UD FO malgré la défection de leur centrale…) des manifestations nombreuses se sont tenues. Le 23, c’est la France Insoumise (rejointe dans la rue par d’autres organisations, dont Ensemble!) qui a regroupé des dizaines de milliers de personnes. Au moment où nous écrivons, les routiers entrent dans la danse et la Fonction publique a programmé une journée de lutte en octobre…
La bataille ne fait donc que commencer. Nul doute qu’elle sera longue et difficile, mais la victoire est possible. Elle est possible à condition que nous réunissions les conditions de l’unité, contre ce gouvernement et sa politique. Unité du mouvement syndical. Unité du mouvement social derrière toutes ses associations. Et unité évidemment du mouvement politique de la vraie gauche, dont nul ne peut prétendre être le seul porte-parole : FI, PCF, Ensemble!, « Hamonistes » et gauche du PS, NPA, non encarté-es, nous ne serons jamais trop. C’est toutes et tous ensemble qu’il faut y aller.
Gilles Lemée

Après les Législatives 2017 dans le Rhône : Les responsabilités de la gauche de transformation

Les liens tissés avec toutes les composantes de la gauche de transformation durant l’année précédant les Présidentielles et les Législatives n’ont pas permis d’éviter la catastrophe annoncée de l’absence de candidat de gauche au 2ème tour de la présidentielle, malgré le bon score de 1er tour de Jean-Luc Mélenchon (cf Lettre n°17).
Elles n’ont pas permis non plus d’éviter les divisions mortifères de la gauche de transformation aux  Législatives que ne compensent pas l’existence positive de 2 groupes d’opposition de gauche à l’Assemblée Nationale (17 élu-es FI et 11 PCF) et un au Sénat (10 élu-es PCF), un très faible rapport de force ... Dans le Rhône : 0 député de gauche et carton plein pour Macron !
Sur le Département, E! 69 a milité pour un rassemblement incluant FI -qui a décliné- et pour une répartition de candidatures avec soutien réciproque. Nous n’y sommes pas parvenus malgré un minimum de rassemblement unitaire dans les 4 circonscriptions de Lyon, rassemblement fondé sur un accord politique entre Nathalie Perrin-Gilbert / GRAM, Ensemble! et le PCF.
Nous avons ainsi pu négocier avec le PCF la candidature titulaire E! de Cécile Charles dans le 4° circonscription de Lyon (la plus à droite) avec un suppléant PC et le soutien de Nathalie Perrin-Gilbert / Gram. Ce qui a permis une visibilité « à minima » de notre courant dans ces élections. Nous avons contribué à déjouer les manœuvres des «orphelins de la gauche plurielle» qui, après le départ de Gérard Collomb et de la majorité des dirigeants et grands élu-es du PS Lyonnais chez Macron, voulaient la perpétuer sans lui ... et étaient opposés à la candidature de NPG dans la 2ème circonscription. Or c’est la seule opposante de gauche au Conseil Municipal de Lyon avec son groupe Lyon Citoyenne et Solidaire (LCS) dont le GRAM, le PC, le PG, E! et des citoyen-nes non encartés sont parties prenantes.
Le contexte d'éparpillement a eu pour conséquence directe de rendre très difficile la qualification au 2ème tour d'un candidat de gauche. Sur 14 circonscriptions, seulement 3 ont permis de concourir au 2ème tour, toutes à Lyon. Une seule était gagnable (la 2ème avec Nathalie Perrin) et nous l'avons raté de peu (un peu plus de 1800 voix d'écart, 47% contre 53%), avec un rassemblement large (PCF, E!, citoyen-nes, avec le soutien du député sortant PS Pierre-Alain Muet, le Parti Pirate, des socialistes « hamonistes », et pour de 2ème tour de membres de FI et d'écologistes). Eliott Aubain candidat FI dans la 1ère (élu LCS aux côtés de la Maire du 1er arrdt Nathalie Perrin-Gilbert) a réalisé un bon score lors du 2ème tour avec 35,5%, ainsi que Pascal Le Brun candidat FI dans la 3ème (ex-E!), avec 40%.
Malgré ces défaites, les bons score de ces candidats de la gauche de transformation sur les circonscriptions de Lyon leur donnent une grande responsabilité pour l’avenir : se parler pour tirer les leçons des élections et s’unir. Dans la deuxième circonscription, la progression en nombre de voix par rapport aux municipales de 2014 dans les 1er et 4ème arrondissement nous conforte dans l'idée de rassembler une gauche alternative aujourd'hui éparpillée.
A l'exception de Jean-Louis Tourraine (EM 3ème circ.) et des deux députés LR, les autres député-es "En Marche" du Rhône ne réalisent pour l'instant qu'un travail de « godillot », séchant régulièrement pour plusieurs d'entre eux leurs commissions ou les sessions de l'Assemblée nationale, comme depuis septembre Bruno Bonnell (EM 6ème circo), contrairement à ses déclarations dans la presse ou encore Blandine Brocard (5ème circ.), que même ses militants recherchent désespérément, présente 2 fois sur 8 à sa commission, et obligée de poster sur Facebook que non, elle existe toujours !
Armand CREUS, Laurence BOFFET